Les organisations échouent rarement par manque d'effort. Elles prennent des décisions sur des informations dégradées. Elles le ressentent. Elles ne le mesurent pas, parce que mesurer coûte du temps et que le résultat ne semble pas immédiatement produire de valeur.
À chaque transmission, l'information se transforme. Ce qui était précis devient ambigu. Ce qui était une hypothèse devient une certitude. Ce qui était vérifiable disparaît dans le bruit.
Ce phénomène existe dans toutes les organisations. Ce qui varie, c'est qu'il n'est pas mesuré ni géré et ce qui n'est pas mesuré ne peut pas être résolu. Il se traduit en retards, en rework, en features qui coûtent deux fois ce qu'elles devraient.
Philip Crosby l'avait démontré pour la qualité industrielle : le coût réel de la non-qualité représente entre 15 % et 20 % du chiffre d'affaires invisible dans les budgets, toujours présent dans les marges. La qualité de l'information suit la même logique économique.